Le 29 janvier, les clients de SOCADEL, l'opérateur majeur de l'électricité au Cameroun, ont commencé à rencontrer des difficultés pour effectuer leurs transactions prépayées. En interne, la raison était claire : 𝐮𝐧 𝐥𝐨𝐠𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥 𝐦𝐚𝐥𝐯𝐞𝐢𝐥𝐥𝐚𝐧𝐭 𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫ô𝐥𝐞 𝐝'𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝐝𝐮 𝐬𝐲𝐬𝐭è𝐦𝐞 𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐥'𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞. Il aura fallu plusieurs jours pour rétablir progressivement les services. Quelques mois plus tard, c'était CAMWATER, la société camerounaise des eaux, qui a dû suspendre pendant six jours le paiement électronique de ses factures, victime cette fois d'un acte de cybercriminalité qualifié d'« 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐞 » par l'entreprise elle-même. Et début 2025, c'était l'administration publique tout entière qui avait été visée : une application malveillante, déguisée en fichier anodin, a circulé dans le but de s'infiltrer dans 𝐀𝐈𝐆𝐋𝐄𝐒, la plateforme centralisée de gestion du personnel et de la paie de l'État camerounais avec pour objectif de dérober les identifiants de milliers de fonctionnaires. 𝑻𝒓𝒐𝒊𝒔 𝒔𝒆𝒄𝒕𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒅𝒊𝒇𝒇é𝒓𝒆𝒏𝒕𝒔. 𝑻𝒓𝒐𝒊𝒔 𝒊𝒏𝒄𝒊𝒅𝒆𝒏𝒕𝒔 𝒅𝒊𝒔𝒕𝒊𝒏𝒄𝒕𝒔. 𝑼𝒏 𝒔𝒆𝒖𝒍 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒕𝒂𝒕 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏 : 𝒂𝒖𝒄𝒖𝒏𝒆 𝒐𝒓𝒈𝒂𝒏𝒊𝒔𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒐𝒖 𝒑𝒓𝒊𝒗é𝒆, 𝒈𝒓𝒂𝒏𝒅𝒆 𝒐𝒖 𝒑𝒆𝒕𝒊𝒕𝒆, 𝒏'𝒆𝒔𝒕 𝒂𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅'𝒉𝒖𝒊 à 𝒍'𝒂𝒃𝒓𝒊. 𝐔𝐧𝐞 𝐦𝐞𝐧𝐚𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐬𝐞, 𝐜𝐡𝐢𝐟𝐟𝐫𝐞𝐬 à 𝐥'𝐚𝐩𝐩𝐮𝐢 Ce ne sont pas des cas isolés. Selon les données du réseau de sécurité Kaspersky, les cyberattaques exploitant des failles de sécurité au Cameroun ont bondi de 91 % en un an, passant de 𝟏𝟕𝟒 𝟒𝟕𝟐 à 𝟑𝟑𝟑 𝟗𝟑𝟎 attaques recensées. Face à cette progression, le pays a rejoint une initiative conjointe entre Kaspersky et Afripol, l'agence africaine de police criminelle, pour former ses forces de l'ordre à la détection et à la neutralisation de menaces de plus en plus sophistiquées. Un signal fort, qui confirme ce que plusieurs experts locaux répètent depuis des mois : le Cameroun n'est plus seulement un pays en pleine transformation numérique il est devenu, dans le même mouvement, une cible de choix pour des groupes de cybercriminels de plus en plus organisés. Lors du dernier Forum sur la Gouvernance d'Internet à Yaoundé, une cadre du secteur télécom résumait la situation sans détour : le Cameroun est activement ciblé par des groupes de hackers, et la digitalisation accélérée des services — publics comme privés élargit chaque jour un peu plus la surface d'attaque disponible. 𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐜𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 (𝐩𝐫𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞) 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞 "𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞𝐬" 𝐚𝐭𝐭𝐚𝐪𝐮𝐞𝐬 Ce qui frappe, dans les incidents recensés ces dernières années au Cameroun, ce n'est pas leur sophistication technique. C'est leur simplicité. Une application malveillante déguisée en fichier ordinaire. Un accès interne mal surveillé. Un système laissé vulnérable, faute d'audit régulier. 👉 𝐔𝐧 𝐦𝐨𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐫𝐞𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥é. 👉 𝐔𝐧 𝐚𝐜𝐜è𝐬 𝐚𝐜𝐜𝐨𝐫𝐝é "𝐭𝐞𝐦𝐩𝐨𝐫𝐚𝐢𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭", 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐫é𝐯𝐨𝐪𝐮é. 👉 𝐔𝐧𝐞 𝐚𝐩𝐩𝐥𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐧𝐨𝐧 𝐯é𝐫𝐢𝐟𝐢é𝐞, 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐚𝐥𝐥é𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐯𝐚𝐥𝐢𝐝𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧. Ce sont exactement ces négligences ordinaires qui ont permis, ailleurs comme ici, des interruptions de service, des fuites de données, et des semaines de travail perdues à réparer ce qui aurait pu être évité. "𝐎𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐭𝐫𝐨𝐩 𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 ê𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐢𝐛𝐥é𝐬" C'est la phrase qu'on entend encore trop souvent chez les PME et startups camerounaises. Et c'est précisément l'inverse qui est en train de se confirmer. Les grandes structures : Eneo, CAMWATER, l'administration publique investissent progressivement dans leur sécurité, avec l'appui de régulateurs comme l'ANTIC, qui a déjà recensé plus de 8 500 vulnérabilités lors de ses audits menés depuis 2024. Elles deviennent, petit à petit, des cibles plus difficiles. Les petites et moyennes entreprises, elles, restent souvent les maillons les plus exposés : moins de moyens, moins de vigilance, et bien souvent, aucun audit de sécurité réalisé depuis leur création. 𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐞𝐧𝐧𝐞𝐧𝐭 Aucun de ces incidents n'était totalement imprévisible. Dans chaque cas, une vérification régulière des accès, une politique de mots de passe robuste, ou simplement la validation systématique des applications installées, auraient réduit considérablement le risque. La sécurité ne commence jamais par un outil sophistiqué. Elle commence par la connaissance précise de ce qui doit être protégé et par la rigueur à l'appliquer, jour après jour. Savoir où se situent vos failles, c'est déjà une grande partie du travail accompli. Votre entreprise a-t-elle déjà été auditée sur ce plan ? La plupart ne le savent tout simplement pas. 𝐂𝐨𝐧𝐭𝐚𝐜𝐭𝐞𝐳 𝐌𝐚𝐢𝐬𝐨𝐟𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐚𝐮𝐝𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐬é𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭é 𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐨𝐮 𝐚𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 à 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐛𝐥𝐨𝐠 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐫é𝐠𝐮𝐥𝐢è𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐫𝐞𝐭𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐲𝐛𝐞𝐫𝐬é𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭é 𝐚𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐞𝐭 𝐞𝐧 𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞.